Je n'ai pas vu Redline lors de sa diffusion au Festival d'Annecy les avis étant très partagés, et surtout j'ai eu la bêtise d'écouter des gens disant "Non n'y va pas ça va pas te plaire" ...et bien j'aurais pas du ... :) Je ne l'aurais pas vu sur un beau grand écran mais heureusement le film existe aujourd'hui en DVD

Redline c'est donc du vrai grand spectacle, comme ne sait presque plus en faire Hollywood (je parle là notamment de prises de vues réelles). Tout est clair dès le début dans Redline.
L'histoire est simple. Dans le futur un héros looser, embarqué dans des petites combines de courses de voitures truquées, a un jour la chance de devenir le vainqueur qu'il avait envie de devenir étant petit ... rien ne manque à l'appel le meilleur ami traitre mais pas vraiment, les méchants, le mécanicien râleur mais au grand cœur, l'histoire d'amour (avec flashback et fin heureuse), et sous-jacent si on veut on peut voir quelques critiques sur la société actuelle (bon mais si on en a envie hein ...)
La réalisation efficace. Pas de dentelles ici non la caméra tient rarement en place, elle est tout le temps en mouvement, il y a des effets et de l'anim qui en font des tonnes dans chaque scène d'action. Redline est comme toutes ces grandes séries B, tous ces films de "genre", le film est là pour "délivrer" un grand spectacle et il le fait, pas de surprises (ou alors attendues). Les auteurs du films se font plaisir et ils espèrent que les spectateurs en auront autant qu'eux ... et si vous acceptez ça vous en aurez. Et pourtant je n'aime pas particulièrement les films sur les courses automobiles, ça m'ennuie très rapidement. Mais ici les course automobiles servent presque plus à en mettre plein la vue au niveau de la réalisation et de l'animation ... (bon après comme je vous l'ai dit je ne suis pas fan des films avec plein de courses poursuites et autres ... peut-être que si vous aimez ça votre vision du film sera très différente)

Mais si Redline est un film à grand spectacle, il le fait dans, ce qui est pour moi, la meilleure tradition d'Hollywood. Non pas comme aujourd'hui en nous vendant un film à grand spectacle avec la soit-disant valeur ajouté d'un auteur. Oui oui aujourd'hui chaque gros films hollywoodiens est annoncé comme la révolution du genre car derrière il y a tel auteur au scénario ou à la réalisation. Un pur effet de marketing pour des films généralement assez pauvres ou la valeur ajouté soit-disant de l'auteur est comme mise en surbrillance tout le long du film pour être sur que le spectateur ne la loupe pas. Syndrome d'un cinéma (et d'une création télé) où il faut surtout être sur que le spectateur puisse tout voir, tout comprendre dès la première vision (quitte donc à le prendre pour un imbécile le plus souvent).
A une époque, encore assez récente si on pense aux deux films Batman réalisés par Burton (même si on peut peut-être considérer que c'est justement à partir de ces films là qu'Hollywood met l'"Auteur" en avant), à une époque donc l'auteur se "cachait" derrière le film. Il était bien présent pourtant avec ces thèmes favoris, son style de réalisation et tout ça apparaissait dans ces films à grand spectacle. De Ford à Burton en passant par Hitchcock et de nombreux autres, les réalisateurs marquaient de leurs empreintes des films qui sont aujourd'hui, à juste titre, considérés comme des films d'auteurs.

Alors la partie auteurs dans Redline n'est pas aussi importante que mon petit texte juste avant pourrait le laisser présager. Comme je vous l'ai dit on peut y voir une critique de la société des jeux du cirque (mais celle ci viendrait plus du spectateur que réellement du film en lui-même). Ce qui est intéressant ici c'est le duo créateur du film Takeshi Koike (plus connu pour son segment World record dans Animatrix) et Katsuhito Ishii (notamment réalisateur du génial Cha no aji (Taste of tea) ou de nombreux segments de Funky Forest). Duo auxquels il faut rajouter les nombreux talents du studio Madhouse.
Un duo qui a souvent travaillé ensemble (Koike a réalisé les séquences animées dans les films d'Ishii). On retrouve dans le film la douce folie des films d'Ishii et bien sur surtout le graphisme délirant de Koike et son anim jouant énormément sur les déformations. Ce qu'il me semble intéressant, et c'est aussi pour ça que j'ai aimé le film, c'est que les auteurs, au vue de leurs films précédents, sont conscients du matériau au premier degré de leur film et ils en jouent, pas pour s'en moquer, mais encore une fois pour le plaisir du jeu cinématographique.

Bon alors pour apprécier Redline il faut aimer les films grand spectacle, les histoires simples, de l'anim qui en fait des tonnes et barrée et une musique très présente ... bon un petit coup d’œil sur quelques extraits pour vous faire une meilleure idée du film :)



oui oui cette chanson est dans le film :) (ah c'est sur qu'avec Redline ou on aime vraiment ou pas du tout ... difficile de rester entre les deux :)