je vous ai déjà dit les doutes que j'avais sur cette manifestation. On en a reparlé lors de la dernière émission de Bulles de rêves et Florentine m'a envoyé récemment la Lettre d'Infos de
l'association Cinémas 93. Un texte, que vous pouvez lire en-dessous, y parle justement du Jour le plus court en partant du retrait du comité de pilotage de la manifestation de La Société des réalisateurs de film.
Vous pouvez lire le texte de la SRF sur leur site ici.
"La SRF se retire du "Jour le plus court"
Rappel des faits : voilà plus d’un an que la Société des Réalisateurs de Films (SRF) travaille à un projet de fête du court métrage qui proposerait, un peu sur le modèle de la fête du cinéma, de «réunir l’ensemble des acteurs du court-métrage autour d’une initiative partagée, fondée sur la diversité des œuvres et des lieux de diffusion, la garantie du droit d’auteur, l’accès aux œuvres et la promotion de la vitalité du court métrage ».
Sensibilisé à cette initiative, le CNC consulta les principaux acteurs de la filière, mit sur pieds une équipe et lança en un temps record l’opération « Le jour le plus court ».
La feuille de route ? « Une fête participative ouverte à tous les cinéastes professionnels, amateurs, à tous les particuliers, entreprises, associations, collectivités publiques… tout le monde est appelé à se mobiliser pour diffuser des films sur tous les écrans : salles de cinéma, chaînes de télévision, services de vidéo à la demande, sites internet, écrans mobiles… Il est aussi proposé de « libérer » l’image des écrans, pour investir de nouveaux espaces, lieux de création, salles de spectacles, musées, médiathèques, lieux « alternatifs », entreprises, bar-restaurants, friches, trains, murs des villes, … ». Vaste chantier qui devrait s’accompagner d’une couverture médiatique nationale, principal aspect positif de l’initiative. Car si les grands médias, télés, radio, journaux, se mettent à relayer l’information, ça peut en effet créer un effet d’entrainement et d’émulation sans précédent pour le film court.
Quelques interrogations s'imposent néanmoins :
Un catalogue de 300 films sera mis à disposition par l’Agence du court métrage et libre de droits ce jour là. Quels seront ces films ? Des « classiques » ? Ces seuls films dont les ayants-droits auront accepté au préalable de céder gratuitement les droits de diffusion ? Est-ce un choix éditorial de l’Agence ? Pas de réponse pour l’instant.
Autre interrogation : Comment s’organise concrètement la circulation des supports de diffusions ? Est-que les films seront sur support vidéonumérique ? En DCP ? En copies 35mm ? Si le film n’existe qu’en copies 35mm et que 23 salles à travers le pays veulent le même film, est-on certain qu’il y aura 23 copies disponibles ce jour-là ? A-t-on l’intention de faire circuler les films uniquement sur support DVD ? Des interrogations pratiques importantes, qui pour l’instant restent, elles-aussi, sans réponses.
A cela s’ajoute le choix de la date. Lors du dernier Congrès de la Fédération Nationale des Cinémas Français, qui s’est tenu à Lyon le 21 septembre dernier, Eric Garandeau, président du CNC, confirma ce qui circulait depuis quelques semaines : le jour le plus court aura lieu le 21 décembre car c‘est le jour du solstice d’hiver. C’est le jour le plus court du calendrier ! Douche froide. S’il est aisé de descendre une guitare et un ampli et de jouer quelques accords un 21 juin partout en France, il semble plus compliqué d’organiser des moments de convivialité en doudounes, un 21 décembre autour d’un vidéo projecteur pointé sur les « murs des villes ». Mais surtout organiser un tel événement en pleine préparation des fêtes de fin d’année, à un moment où les écrans de cinéma sont embouteillés et les programmes « forcément thématisés » selon l’expression de la SRF, c’est vouer cette initiative à un échec certain.
Dans un communiqué daté du 28 septembre les réalisateurs de la SRF annoncent donc qu’ils se retirent du « comité de pilotage » de cette manifestation.
Que retenir de tout ça ? Il est trop tôt pour le dire mais d’ores et déjà une impression de précipitation flotte sur cette opération. Et c’est à la fois triste et dommage car toute initiative ayant pour objectif d'élargir l'audience du court métrage doit être soutenue et célébrée.
A suivre."