mardi 31 août 2010

L'art de la marionnette mais pas que ...

Cet été quand j'ai commencé à poster sur des auteurs et des techniques, et suite à un post sur Cartoon Brew avec un de ses films dans une autre technique que les marionnettes, je me suis dit qu'il fallait absolument que je fasse un post sur Kihachiro Kawamoto, ce post se transforme en hommage suite à sa disparition il y a quelques jours.

Surtout connu pour ses films en marionnettes, il est parti étudier lorsqu'il était jeune cette technique avec l'un des grands maitres Jiri Trnka (en Tchécoslovaquie alors qu'il ne parlait pas le tchèque), Kihachiro Kawamoto n'en a pas moins expérimenter beaucoup de techniques. Quelques uns sont sur Youtube, mais sachez que des éditions DVD regroupant de nombreux courts sont disponibles aux Etats-unis et au Japon. Son long métrage The Book of the dead est aussi disponible en DVD toujours dans les deux pays, et Jours d'hiver un projet qu'il a initié et dont il a réalisé le deuxième et le dernier segment est disponible en France.

Pour en savoir plus vous trouverez un très bon article sur Nishikata Film Review, sur Midnight Eye une interview en anglais, une interview en français à propos de Jours d'hiver, et si vous allez au Japon le musée Kihachiro Kawamoto.

Sinon je vous propose de réecouter l'interview que j'avais eu l'honneur de faire lors de la venue de Mr Kihachiro Kawamoto au Forum des images pour la présentation de son long métrage et de certains de ses courts. On n'entend malheureusement peu sa voix car c'est un montage que j'avais fait pour la radio et j'avais privilégié la traduction, que l'on doit à Ilan N'Guyen. J'en profite pour le remercier ainsi que le Forum des images pour cette rencontre inoubliable avec un grand cinéaste et un grand monsieur.

Vous pouvez la télecharger ici ou l'écouter :



1988 Self Portrait (1‘)



Quelques courts en marionnettes - comme souvent pour ce type de films la qualité n'est pas toujours présente sur Youtube j'en suis encore une fois désolé surtout quand il s'agit de montrer des œuvres de cette qualité ...

1972 The Demon (Oni, 8‘)



1979 House of Flame (Kataku, 19‘)





1988 To Shoot without Shooting (Fusha no Sha, 25‘)







Et donc deux films avec d'autres techniques

1970 Farce anthropo-cynique (Kenju Giga, 8‘)



1973 Travel (Tabi, 12‘)

Les Fous et Cédric Villain sur Arte

Court-circuit propose mercredi soir un portrait de Cédric Villain, réalisateur, prof et créateur des Fousd'anim. Une occasion pour en savoir un peu plus sur l'homme en noir et ses multiples activités, et de découvrir aussi Jean-Pierre Denève, autre pilier des Fous d'anim et prof à l'Esaat avec Cédric ... (bon j'espère que maintenant qu'ils passent à la télé ils vont continuer à me parler dans les couloirs de l'esaat ...)

Donc c'est mercredi 1er septembre à 00h20 sur Arte, et pour ceux d'entre vous qui comme moi n'ont pas la télé c'est en rediffusion sur le site d'Arte.

lundi 30 août 2010

Une interview avec Akino Kondoh

sur Nishikata Film Review.

Chouette initiative

Je vous avais parlé d'eux pour leurs blogs séparés, deux de mes anciens étudiants à l'ESAAT ont créé un blog commun où ils se répondent avec leurs styles respectifs. L'année prochaine la Clé féminine est à l'EMCA et le Clé masculin aux Gobelins ... j'ai hâte de voir ce que va donner le blog au cours de l'année ... en espérant qu'ils se répondent rapidement par petits films interposés :)



Le site des Cléclé

Pictoplasma

Le troisième DVD de la série Pictoplasma est sorti au mis d'avril dernier. Il est disponible sur leur site. Et les anciens aussi.

Merci à Fabien

Utsu-Musume Sayuri

Utsu-Musume Sayuri

We'll try to write it ...

samedi 28 août 2010

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Entretien réalisé à Paris en décembre 2003 lors de la venue du réalisateur au Forum des images pour présenter Millenium Actress et Tokyo Godfathers, alors inédits en France.

Millenium Actress prend pour cadre le cinéma japonais classique, et Tokyo Godfathers serait inspiré du film de John Ford (1895-1973) Le fils du désert (1948, Three Godfathers en VO). Vos influences sont-elles principalement cinématographiques ?

Kon Satoshi : Beaucoup de gens voient dans mon travail des influences liées à tel ou tel film. Ces liens sont interprétés dans la mesure où les gens qui font ces correspondances connaissent les films en question. Je ne pense pas qu’ils aient nécessairement connaissance des éléments auxquels je suis moi-même confronté au Japon, par exemple dans le domaine des arts. Aussi, un certain nombre de liens ne leur apparaissent pas. Existe ainsi une tendance à voir les choses sur la seule base de quelques films célèbres, de « classiques » connus dans le monde entier. Pour moi, le cinéma n’est jamais qu’une source, éventuelle, d’inspiration. J’aime le cinéma en prises de vue réelles, mais c’est un rapport qui n’a rien à voir avec l’envie ou la tentation.

Votre réalisation pourrait être qualifiée de « cinématographique », au point de vue de la mise en scène et du montage, ce qui est assez rare dans le cinéma d’animation.

KS : Quand on parle de nature « cinématographique », on prend souvent comme référence le cinéma en prises de vue réelles. Mais je crois qu’il faut tenir compte du domaine plus large de l’image, qui comprend cinéma live et cinéma d’animation. Le cinéma live ou en prises de vue réelles est un registre que j’aime et qui m’a beaucoup appris, mais quand je travaille à un film d’animation, je n’en suis pas dépendant. Par exemple, Millenium Actress traite du cinéma en prises de vue réelles, cela fait partie du sujet, sans parler de la part d’hommage au cinéma japonais que contient le film, mais je n’ai pas de tendresse particulière pour cet art. Je pourrais tout aussi bien faire un film prenant pour cadre le monde de la littérature ou de la peinture.

La représentation de la ville de Tokyo dans Tokyo Godfathers montre un univers restreint, où les quelques mêmes personnages se croisent à plusieurs reprises.

KS : En habitant dans une ville même vaste, on ne connaît jamais qu’une poignée de gens. Quelle que soit l’ampleur du monde que l’on cherche à décrire, ce qu’on en connaît et les personnes qu’on y rencontre sont uniquement ceux et celles qui nous conviennent. Les relations humaines peuvent sembler relever du hasard, mais en réalité on ne rencontre que les personnes qu’on a envie de rencontrer. En ce sens-là effectivement, le Tokyo du film est un univers étroit. Cela fait partie de la vision du monde qui se trouve derrière le film.

Outre les trois protagonistes sans-abri de Tokyo Godfathers, on entraperçoit dans le film des personnages censés représenter une certaine normalité et pourtant montrés sous un jour peu avantageux (des adolescents frappant un sans-abri, un salaryman ivre s’énervant dans une supérette…). Peut-on y voir un portrait en creux de la population tokyoïte ?

KS : Effectivement, le choix d’un certain nombre de fragments, autour de personnages qui apparaissent très brièvement, peut apparaître comme chargé d’une symbolique de représentation, alors même que je ne traite pas de ce sujet-là. Ce qui m’importait était que des spectateurs sensibles à cet élément, en se basant sur ces fragments, puissent laisser libre cours à leur imagination. Et aussi que ceux que ça n’intéresse pas ne puissent voir ces personnages que comme des éléments de décor. Toutes les lectures sont possibles. Je voulais être dans une perspective qui soit celle de l’imagination. Par exemple, à supposer que tel préposé à la caisse dans une supérette ait une attitude incorrecte vis-à-vis des clients, je voulais laisser imaginer quelle est sa vie, quand il rentre chez lui, etc. Ce travail d’imagination, au-delà de ces simples fragments, était tout à fait passionnant. Apparaît dans ce film quelque chose en lien avec mon point de vue sur la vie de tous les jours.

Les personnages principaux de vos deux premiers films sont deux femmes, Mima dans Perfect Blue et Chiyoko dans Millenium Actress. Dans un entretien que vous aviez accordé en 2001 lors de votre venue à la 2 e édition des « Nouvelles Images du Japon » et qui figure dans l’édition française du DVD de Perfect Blue, vous compariez ces deux héroïnes en qualifiant Chiyoko de plus positive, en ajoutant que son histoire avait aussi été traitée de façon plus ludique. Pourtant, si Mima, après certes de terribles épreuves, se « libère » de ses angoisses et de la tutelle des autres, Chiyoko, elle, peut paraître prisonnière de son rêve, ce qui n’est pas nécessairement ni positif ni ludique.

KS : Chiyoko est pour moi un personnage particulièrement heureux, mais chacun est libre de sa vision. Je ne crois pas cependant que le fait de faire face à la réalité soit l’unique bonne manière d’avancer dans la vie, pas plus que de ne vivre qu’à travers la fiction ou le rêve. Tout comme la ville de Tokyo est vaste et que pourtant l’on n’y rencontre qu’une poignée de gens, ce que l’on vit est ce qui se trouve à notre portée. Quant à savoir ce que l’on y prend, je crois que ce n’est ni quelque chose de spécialement coupé du réel, ni au contraire de complètement coupé de la fiction ou de l’illusion. A l’intérieur de ce qui existe dans la réalité, chacun, à sa manière, en tant que choix de vie, conscient ou pas, et en tant que porteur de sa propre part d’illusion, effectue des choix. Nous ne sommes ni dans l’un ni dans l’autre de façon absolue et exclusive, et c’est, pour moi, ce qui est important.

N’y-a-t-il pas malgré tout un certain extrémisme chez Chiyoko, qui vit sa poursuite d’un amour chimérique durant presque toute son existence ?

KS : On peut voir ce caractère jusqu’auboutiste, exacerbé, peut-être exagéré, comme une façon de rendre les choses plus faciles à saisir. Il y a des raisons à cela : du fait du temps limité du film, on se trouve confronté à la simplification ou la déformation des choses pour les rendre plus aisées à suivre dans la limite du temps imparti, de la même façon qu’en animation, les visages, dans leur design, sont simplifiés et déformés par rapport à la réalité du visage humain. On est donc contraints d’effectuer certaines simplifications, déformations ou raccourcis.

Vous semblez faire preuve de davantage de tendresse pour vos personnages au fil de vos films, ce qui va peut-être de pair, dans Tôkyô Godfathers, avec le registre de la comédie.

KS : Les personnages sont effectivement traités avec moins de distance si on les compare entre eux, de Mima dans Perfect Blue aux protagonistes de Tokyo Godfathers : j’y porte une plus grande attention. J’ai voulu avec Tokyo Godfathers faire une comédie avec un sujet relevant d’une réalité concrète très douloureuse. La traiter sur ce ton permettait, d’emblée, d’atteindre une certaine efficacité : cette réalité est si dure que le rire peut être un moyen puissant, concluant, de l’aborder. Je voulais mettre en œuvre conjointement ces deux éléments contradictoires.

La distribution en France de Millenium Actress est très aléatoire (1), et vous n’avez aucun contrôle sur cette étape importante qu’est la distribution de vos films.

KS : Ce n’est pas parce qu’on est l’auteur d’un travail qu’on est partie prenante de tout ce qui s’y rapporte, ni qu’on en a les droits. Les DVD français et américains de Perfect Blue ne me sont jamais parvenus. Ne m’ont été transmises que des demandes de coopération… Mais pour Tokyo Godfathers, nous avons de meilleures relations avec Sony Columbia Tristar, qui est un partenaire beaucoup plus attentif (2). La distribution dans ses rapports avec les créateurs de l’œuvre relève surtout des bonnes intentions du distributeur, et non d’une obligation légale qu’il aurait vis-à-vis des auteurs.

Merci...

(1) Les droits de Millenium Actress ont été acquis par Dreamworks SKG, qui s'aprête à sortir le film en DVD le 5 avril 2005.
(2) Il n'empêche que depuis l'interview le film est sorti ...en DVD !

Entretien réalisé par Nathalie Bougon et Alexis Hunot lors du festival "Nouvelles Images du Japon".
Traduction de Ilan Nguyen.
Retranscription : Nathalie Bougon
Remerciements à Olivier Fallaix.



Merci beaucoup pour nous avoir donné tous ces magnifiques films et ces images qui sont et resteront une grande inspiration pour tous les gens qui aiment le cinéma. Et pour Mima, Chiyoko, Paprika et tous les autres ... Merci

vendredi 27 août 2010

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Si il y a peu d'interview filmé du réalisateur il y en a heureusement beaucoup publiées dans les magazines et sur le Net. En voici quelques unes dans l'ordre chronologique. Je me suis limité aux interviews en français et en anglais.

En 1999 sur le site de Perfect Blue en anglais

En 2001 sur le site Midnight eye (en anglais)

Interview en deux parties en 2001 et 2003 publié sur Japonline (en français)

En 2002 sur DvdvisionJapan (en anglais)

En 2003 toujours sur DvdvisionJapan (en anglais)

En 2003 sur Filmdeculte (en français)

En 2005 sur le site d'Home theatre (en anglais)

En 2006 sur Catsuka (en collaboration avec cinémasie) (en français)

En 2006 sur Filmdeculte (en français)

En 2006 sur Excessif.com (en français)

Toujours en 2006 sur le site des Cahiers du cinéma (en français)

En 2007 sur Tokyopop (en anglais)

En 2007 sur Comingsoon.net (en anglais)

Toujours en 2007 sur le site du New York Times (en anglais)

En 2008 sur Twitchfilm (en anglais)

En 2008 sur AnimeNewsNetwork (en anglais)

jeudi 26 août 2010

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Génériques du début et aussi celui de fin pour Paranoïa agent







De 6'30 à 8'40





Vraiment désolé pour la mauvaise qualité de la vidéo mais je n'ai rien trouvé de mieux en sous-titré ...

De 7'40 à 9'20

mercredi 25 août 2010

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Peu de vidéos malheureusement avec des interviews ...

Quand même une belle conférence visible sur Nolife Online





Pour ceux qui comprennent l'espagnol un petit reportage



Et pour ceux qui comprennent le japonais



mardi 24 août 2010

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ça faisait longtemps ... un peu de Norsteïn ?

Mais cette fois ci pas sous forme de films réalisés par le cinéastes mais deux ateliers qu'il a donné aux Etats-Unis.

Le premier en 1999 chez Klasky Csupo. C'est en cinq parties je poste les deux premières, les 3 autres sont trouvables aussi ici.





La seconde toujours en 1999 est en trois parties. La deuxième ici, la troisième ici.



Et enfin avec deux documents trouvés sur le site de Michael Sporn.

Un article de Norstein sur sa vision du cinéma d'animation et un autre sur des illustrations parues dans un livre publié au Japon par une collaboratrice de Norsteïn.

Zorobabel visible sur le Net

Excellente nouvelle trouvée sur Fous d'anim. La société de production Zorobabel a mise en ligne une cinquantaine de films qui sont visibles en entier sur Dailymotion, vous pourrez découvrir aussi bien leurs productions de courts métrages d'auteurs que les courts d'atelier.

Vous pouvez aussi voir les films sur le site de Zorobabel, ce qui vous permettra en plus de découvrir pour chaque film des images et leur générique complet. Pour les films d'auteur et de l'atelier collectif il suffit de cliquer sur le titre, pour les films d'atelier c'est sur cette page en cliquant sur les vignettes en haut.

A voir aussi les images de préparations de leurs prochaines productions Kijé de Joanna Lorho ou Kin de l'atelier collectif

la rentrée du Forum des images

Comme chaque année on espère que le cinéma d'animation va être présent au Forum des images.

Car attention rien n'est gagné le cinéma d'animation fait peu recettes en dehors des grosses machines en long métrages. Et à part quand des noms très connus de l'animation comme les frères Quay les salles que ce soient au Forum ou même dans d'autres cadres comme l'animathèque de l'AFCA sont rarement remplies (et souvent c'est la même poignée d'habitués qui se retrouvent là. Pourtant il me semble que le cinéma d'animation a besoin de ces séances cinéma afin qu'il ne soit pas cantonné à des festivals ou à des cases tardives sur deux-trois chaînes télés et que le décloisonnement d'un cinéma réservé aux enfants puisse, doucement mais tranquillement, faire son chemin.
Et ce n'est pas uniquement dans les salles de cinéma, mais aussi au niveau de la presse. Si sur Internet a permis une grande évolution dans la perception du cinéma d'animation grâce à la diffusion sur de nombreux sites de films, et grâce aussi à de nombreux sites proposant des news ou des critiques. Dans les autres médias on parle rarement de cinéma d'animation et il faut savoir que dans la presse papier des revues comme Positif, qui parle assez souvent d'animation, font leur chiffre de vente le plu bas lorsqu'ils font une couverture sur l'animation. Je vous rappelle aussi que Repérages a arrêté sa publication (eh oui plus de cette extraordinaire Animatic :(
Donc essayons de défendre au maximum les quelques manifestations et autres séances sur le cinéma d'animation.

Au Forum donc vous pourrez découvrir entre septembre et décembre dans l'après midi des enfants (oui je sais les samedis et les mercredis après midi, pas facile quand on travaille) un cycle consacré aux Chevaliers et princesses (oui je suis pas fan du thème mais bon ...) pleins de beaux films d'animation et surtout assez rares comme La Princesse à l'éventail de fer de Wan Laiming et Wan Guchan réalisé en 1941 ou Princesse Bayaya de Jiri Trnka réalisé en 1950 ou encore Rouslan et Ludmila d'Alexandre Ptouchko réalisé en 1972.
Le cycle commence en septembre avec un autre film assez dur à voir, et quasiment jamais montré sur grand écran en France, Princesse Arete de Sunao Katabuchi, ce sera donc le mercredi 29 septembre à 15h00.
Dans le cadre d'un (nouveau?) rendez-vous "Décadrages" sur les images contemporaines une Carte blanche le vendredi 24 septembre à 20h à la société Sacrebleu Productions.