lundi 6 avril 2009

Quelques détails sur The fantastic Mr Fox ...

Un article en anglais sur le prochain film de Wes Anderson qui je vous le rappelle est en animation.

Sita chante son blues en ligne

Bon finalement Nina Paley a craqué ... une petite "erreur" (oui dès fois je suis politiquement correct) à propos des droits d'auteurs sur les chansons qu'elle utilise dans son film on fait que du coup elle a eu des difficultés à trouver un accord pour pouvoir vendre son film (un article sur ce sujet (en anglais)) ... elle a donc décidé de le mettre à disposition sur le net ... Vous pouvez trouver sur son site les sites sur lesquels vous pouvez voir ou télécharger le film. Mais c'est bien évidemment sans sous titres ... et c'est là qu'arrive Tsuka ... il a proposé à la réalisatrice de mettre son film en ligne sur son site avec des sous titres français. Excellente initiative Mr Tsuka, mille fois bravo!

Vous allez donc pouvoir découvrir l'un des meilleurs long métrage de l'année dernière. Attention vous avez peut-être entendu ou lu beaucoup de choses sur le film. Il est loin d'être parfait hein. Pour moi à des moments il traine un peu dans sa narration sans que cela soit vraiment important pour le film, il y a, je trouve, beaucoup trop de chansons, vers la fin on commence un peu à s'en lasser. Mais à part ça le film développe une véritable et belle énergie, un plaisir de créer qui se sent tout au long du film.
Et puis je trouve ça toujours réjouissant quand un(e) artiste utilisent l’Art pour tenter se guérir un peu de leurs problèmes. Dans certains cela peut nous aider à nous faire avancer un peu ...

Voir le film sur le site Catsuka

un extrait du film pour j'espère vous donner l'envie de regarder le film en entier



Ci-dessous un texte que j'avais fait pour le festival Cinéma Public:

"La Rupture amoureuse … Il y a des thèmes pour lesquels le spectateur qui a vu, lu, écouté un certains nombres de films, livres, disques, peintures se dit qu’il ne pourra plus être surpris. Et si on devait faire un livre listant tous les films ayant été faits sur la rupture amoureuse … il pèserait certainement un certains poids !

Alors comment un film sur ce thème réussit-il à surprendre le spectateur ? Au-delà de la propre perception, bien évidemment subjective, du spectateur un film réussit à nous surprendre sur le thème de la rupture amoureuse lorsque son sujet est original, comme par exemple « Eternal Sunshine of the spotless mind » de Michel Gondry dans lequel les protagonistes se font effacer de leurs mémoires les souvenirs d’un amour terminé ou bien lorsque sa réalisation est en parfaite adéquation avec le thème comme dans « Adjustment », par exemple, un court métrage d’animation de Ian Mackinnon, qui met en parallèle la persistance rétinienne, qui permet à l’œil de faire le lien entre deux images légèrement différentes, l’un des principe de base du cinéma image par image (cinéma d’animation), et les souvenirs souvent éparses que l’on peut avoir d’une relation amoureuse terminée.

Pour Sita sings the blues la réalisatrice, Nina Paley, ne va pas se contenter de l’un ou de l’autre mais va au contraire tenter de jouer sur les deux tableaux de par l’originalité du scénario (parler avant tout d’une légende indienne mais en faisant écho à ce qu’elle vit) et aussi au niveau de la réalisation grâce à la mise en place d’une palette graphique et sonore particulière pour les différentes parties. De plus l’animation permet de mettre en scène de manière simple certes mais efficace des sentiments par exemple au moment du mail de séparation qu’envoie Dave à Nina on entend d’abord le cœur de Nina battre et puis il apparaît très stylisé et finit par se briser.

Mélange est surement le terme qui convient le mieux pour décrire le film.

Dès le début le ton est donné. Puisque pendant le générique ce qui semble être une déesse indienne danse sur une musique électronique. Ce mélange d’univers va être la base même du récit du film. En effet la réalisatrice nous raconte l’histoire d’une histoire indienne célèbre le Ramayana (racontée ici par trois indiens en voix off) dans lequel une femme Sita est enlevée par le Roi Ravana. Son mari Rama part la délivrer, mais une fois rentré il la rejette n’ayant plus confiance en elle. Nina Paley met habilement en parallèle, mais jamais vraiment directement, cette histoire et son histoire à elle, celle de sa rupture avec son compagnon parti travailler en Inde. Mais pour accentuer cette idée d’universalité et d’intemporalité de la rupture amoureuse elle rajoute une troisième dimension temporelle les années 1920-1930. En effet à de nombreux moments du film Sita se met à chanter grâce à la voix de la chanteuse jazzy Annette Hanshaw, clin d’œil à la Comédie musical mais aussi au film Bollywood dans lesquels les chansons ont une place primordiale, ces dernières exprimant souvent les sentiments des personnages. Au niveau graphique maintenant. Il n’est jamais facile dans un film de changer de ton, de genres etc…

Imaginez dans un film de prises de vues réelles deux actrices jouant le même rôle, au même âge, et que la « substitution » de l’une pour l’autre est lieue pendant tout le film et en plein milieu des scènes. Et bien au niveau graphisme dans un long métrage animé c’est un peu le même problème.

On se souvient du chef d’œuvre d’Isao Takahata Pompoko (1994) dans lequel des ratons laveurs font face à l’envahissement de leur territoire par les Hommes. Afin de distinguer les différents univers Isao Takahata décide de donner un graphisme différent aux ratons laveurs selon que ceux-ci sont sur leur propre territoire, proches des humains, ou en train de se battre ou de se transformer ils seront représenté de manière réalistes ou de manières stylisées.

Ici aussi Nina Paley va utiliser la diversité des graphismes afin de mieux différencier les univers. Ainsi les personnages seront dessinés, presque sous forme de croquis aux contours incertains lorsqu’il sera question de la représenter ainsi que son compagnon, en n’oubliant pas pourtant de les insérer dans la réalité grâce à l’utilisation de photos de villes (San Francisco, New York) pour certains décors. Pour raconter la légende du Ramayana la réalisatrice va utiliser les représentations traditionnelles indiennes des personnages. Et lorsque Sita se met à chanter du jazz avec la voix d’Annette Hanshaw l’univers se transforme en une vision plus cartoon.

A noter que les trois indiens qui racontent d’après leurs souvenirs l’histoire du Ramayana sont représentés à l’écran par des marionnettes traditionnelles du théâtre d’ombres, l’une des manières ancestrales de raconter cette histoire en Inde.

Cette multiplicité des graphismes, ce mélange des histoires permet ainsi à la réalisatrice de mieux nous transmettre l’idée d’universalité de son propos et de pouvoir toucher le plus de monde possible."