lundi 14 juillet 2008

Inauguration expo "Mondes et Merveilles du dessin animé, Grimault, Takahata, Miyazaki"

La semaine dernière j'ai eu la chance de participer à l'inauguration officielle de l'expo consacrée à trois géants du cinéma d'animation: Paul Grimault, Isao Takahata et Hayao Miyazaki.

D'abord l'endroit






J'avoue que je n'avais pas envie de participer aux discours, il y avait beaucoup de monde



donc j'ai voulu aller faire du toboggan, mais il s'est mis à pleuvoir donc je me suis réfugié dessous



Bon après un petit tour dans l'Abbaye il était temps d'aller visiter l'expo.
Elle se présente sous forme de modules





Mais tout d'abord l'entrée de l'expo avec par terre pour nous inviter à la visite la projection d'un extrait de Mon Voisin Totoro ...




La première partie est dédiée à Paul Grimault avec de nombreux documents




Le tout accompagné par de nombreuses citations



La seconde partie, un peu trop sur le coté j'ai trouvé, alors que c'est sûrement la pièce la plus passionnante. La pièce qui est à la base de cette expo, la découverte par tout un groupe de jeune japonais (Takahata, Otsuka ...) de La Bergère et le ramoneur (la première version du Roi et l'oiseau) de Paul Grimault.




L'affiche japonaise du film

On peut voir les notes prises par Isao Takahata lors de la vision du film. Un film qu'il a étudié pendant toute une nuit avec notamment Yasuo Otsuka.



Après cette pièce charnière le reste de l'exposition est consacrée à Isao Takahata et Hayao Miyazaki. Là aussi avec de nombreux documents.

Des photos



Des storyboards (plus traditionnels que ceux de Grimault !)



Et bien sur des croquis et autres dessins préparatoires




Le plus souvent présenté avec des extraits de chaques films



De nombreux textes expliquent le parcours de chacun des trois réalisateurs



A noter que la scénographie de l'expo (à part cette pièce La Bergère et le ramoneur au Japon) est particulièrement réussie, il faut dire que le très beau lieu le permettait.





Et pour le plaisir Jiji




Merci à Yves et Anne-Sophie d'Ecran VO d'avoir organisé ce voyage avec l'aide de Xavier Kawa-Topor, directeur de l'Abbaye. Et merci et bravo à Jean-Pierre Pagliano, commissaire de l'exposition, et Ilan N’Guyen deux artisans importants de la défense et de la diffusion du cinéma d’animation.


Yves



Rentrer dans la forêt de Totoro : )

Quelques photos bonus d’Anne-Sophie







Et Katchoo qui était du voyage a fait un post sur le forum avec d’autres photos.

Roi Lé(i)o(n)

Bon c’est vrai beaucoup d’entre vous sont au courant de cette vieille affaire mais au travers d’un blog sur l’animation j’ai découvert cette vidéo plutôt bien faites sur les similarités entre la création de Tezuka « Jungle Taitei » (1950 pour le Manga, et 1965 pour la série télé) diffusé aux Etats-Unis en 1966 sous le nom Kimba the white lion (en France la série est connue sous le nom le Roi Léo) et le film produit par la société Disney Le Roi Lion.



Comme vous pouvez le lire sur le passage de Wikipédia (en anglais) sur cette controverse visiblement la référence à la création de Tezuka lors de la préparation du film était évident pour beaucoup de participants à la création du film comme Matthew Broderick (la voix de Simba adulte).

Bon il faut que j’avoue que je n’aime pas trop le Roi Lion donc on pourrait croire que j’ai un certain parti pris dans cette histoire. Mais en fait non ça n’a rien à voir avec la qualité ou non du film c’est juste que les artistes s’influencent les uns les autres et dès fois s’empruntent des idées et je trouve ça normal il suffit juste qu’ils le reconnaissent. Tezuka a toujours dit qu’il avait été influencé par les Frères Fleischer et Disney, influences partagées aussi parle les frères Wan en Chine. Il aurait été normal que les studios reconnaissent l’influence de Tezuka tout simplement … ou peut-être derrière il y a autre chose qu’un problème artistique, le film ayant fait plus de 300 Millions à l’époque au Box Office …



Le mot de la fin au Simpsons. Dans l’épisode Round Sprinfield (Salut l’artiste en français) Mufasa apparaît dans le ciel au coté de Bleeding Gums et Darth Vador et dit « Tu dois venger ma mort, Kimba … euh, je veux dire Simba » : )

Blog de JohnK

Le créateur de Ren and Stimpy John Kricfalusi ne fait visiblement pas l’unanimité dans le monde de l’animation mais le blog qu’il a créé est un outil intéressant qui explique sa vision de l’art du dessin et du dessin animé américain. En anglais.

d'art

Une Mouche à l'opéra

Cette semaine j’ai vu l’opéra La Mouche. Pour cette adaptation voulue par Placido Domingo, qui s’est occupé de la direction musicale, trois des artisans du film de 1986 ont été conviés. Le réalisateur David Cronenberg, Denise Cronenberg pour les costumes, et surtout Howard Shore pour la musique. Et puis aux décors pour finir cette belle équipe un autre nom prestigieux : Dante Ferretti qui a travaillé pour Fellini, Gilliam, Scorsese …
Tout était donc réuni pour faire un spectacle extraordinaire … pourtant dès fois la magie ne prend pas, et pour moi ça a été le cas.
Je n’ai pas lu la nouvelle de George Langelaan donc je ne sais pas ce que doit le spectacle à la nouvelle mais l’histoire suit de manière assez fidèle le scénario du film de 1986.
L’histoire est celle d’un scientifique qui invente une machine pour télétransporter les choses d’un point à un autre en les dématérialisant d’un coté et les « reconstruisant » de l’autre. Mais il n’arrive pas à adapter ce procédé pour les êtres vivants jusqu’au jour où, tombant amoureux d’une journaliste, il va enfin comprendre le plaisir de la chair. Les expériences sur des singes sont alors des réussites. Alors qu’un jour elle part pour essayer de clore une bonne fois pour toute son histoire d’amour précédente, Seth Brundle fou de jalousie décide de se télétransporter. Mais lors de la télétransportation, une mouche est avec lui dans le télépode …
L’une des forces du film de 1986 était l’époque à laquelle il était réalisé puisque quelques années avant on avait découvert le virus du Sida. Bien sur cette maladie est toujours présente aujourd’hui et fait toujours des ravages mais on a appris à vivre un peu plus avec elle. A l’époque le choc de voir Seth Brundle se transformer physiquement faisait forcément penser à cette nouvelle maladie. Le livret de David Henry Wang n’arrive pas à transcender l’histoire pour la rendre plus actuelle, et le propos tombe un peu à plat. D’autant plus que j’ai eu la désagréable impression que, pour mieux coller à l’un des thèmes cher à Cronenberg à savoir la chair, le livret n’en finit plus de parler de Nouvelle Chair, on y a droit de nombreuses fois et sur tous les tons !
Alors bien sur l’idée de Nouvelle Chair est l’un des thèmes de La Mouche mais le sujet passe plus par l’image que par le discours il est distillé d’une manière plus en pointillé. A la différence, par exemple, de Vidéodrome que Cronenberg réalise en 1983 est dont l’histoire tourne autour du discours d’une Nouvelle Chair. Donc pourvu que le grand réalisateur canadien ne transforme pas une excellente idée (qui remonte quand même à ses premiers films) en marque de fabrique sous peine de retrouver le logo ©Nouvelle Chair à chacun de ses nouveaux projets.
L’une des forces du film aussi était le coté très visuel de la transformation, Seth Brundle se transformait en Brundlefly sous nous yeux. Et aucune modification de son corps ne nous était épargnés : les oreilles qui tombent, le changement dans la manière de se nourrir … Ici évidemment la transformation sur une scène ne peut être aussi poussée que sur un écran, et les transformations du scientifique se font aux travers d’ellipses chantés, même si le personnage se transforme quand même physiquement en deux ou trois fois, ce procédé fait perdre une grande force à la seconde partie de l’histoire. Par exemple dans le film à la fin c’est un Brundlefly monstrueux mais au regard terriblement humain qui pose le canon du fusil sur sa tête afin que la femme qu’il aime et qui l’aime le tue pour en finir ce qu’elle finit par faire en larmes, dans l’opéra la marionnette qui représente Brundlefly dans sa dernière transformation n’a pas la même mobilité que dans le film et c’est donc de son propre chef qu’elle lui tire dessus. L’émotion n’est évidemment pas la même.
Là je vais mettre un premier bémol dans ma critique, un second arrive un peu plus tard, c’est que j’étais placé très haut dans le théâtre et il m’était presque impossible de voir le jeu des expressions faciales des acteurs, donc peut-être que ce manque d’émotion que j’ai ressenti était du à ça.
Le livret ne m’a donc pas convaincu mais le reste malheureusement non plus, la mise en scène de Cronenberg est très statique et très classique, l’unique décor représentant le labo est quasi identique à celui du film avec les deux télépodes de chaque coté de la scène.
Et puis il y a la musique, je ne suis pas connaisseur en opéra. J’en écoute de temps à autres, j’en ai vu deux sur scène (un Mozart et un Prokofiev) donc il m’est difficile de vraiment bien juger mais j’ai trouvé la partition sans force, sans puissance, là où normalement à l’opéra le plus souvent elle accompagne de manière dramatique l’histoire pour accentuer tel ou tel moment fort de l’histoire, là on la sent un peu en retrait. En ce qui concerne les chanteurs, là aussi d’un point de vue néophyte, ils s’en sortent très bien surtout que les paroles du livret sont parfois sans intérêt. Je ne vois toujours pas l’intérêt d’avoir rajouté un passage chanté, que l’on entend au moins deux fois et qui fini même l’opéra, sur le fait que tout le monde quelque soit son apparence a le droit d’être aimer. Le fait que l’amour est plus fort que tout est transmis dans le film de manière très forte, notamment dans une scène, d’ailleurs reprise dans l’opéra, dans laquelle elle prend dans ses bras un Seth Brundle qui est a un stade très évolué de sa transformation et dont le corps montre de nombreuses traces de modifications.
Alors il faut quand même que je dise pour contrebalancer cette « critique » un deuxième bémol c’est que je connais bien et j’aime beaucoup le film de David Cronenberg, je l’ai même revu plusieurs fois récemment pour un cours que je fais sur le corps (et une élève là même pris pour un devoir), donc c’est vrai que j’ai été rapidement déçu de comprendre que l’opéra suivrait sûrement le scénario du film. J’espérais que, comme Cronenberg avait réussi un film complètement différent du film de 58 de Kurt Neumann, cette adaptation en Opéra plus de 20 ans après réussirait à son tour à renouveler cette histoire. Mais ça n’a pas été le cas et rien d’autre dans la pièce n’a été suffisamment impressionnant pour me faire oublier cette déception. Il serait alors très intéressant de savoir si un amateur d’opéra qui ne connaît pas le film a apprécié ou non cette Mouche.

Un peu